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Nom: les mercenaires marie louise
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Il aimait à les contrarier. Cette aventure aurait dû l'engager à faire quelques frais pour se rapprocher des dames du palais qui la détestaient, qui se plaignaient hautement d'elle, et qui disaient qu'elle n'était jamais une demi-heure dans le salon de service sans leur adresser quelque parole désobligeante. Gai, familier dans son intérieur, il aimait à tirer les oreilles, à pincer les joues, ce qui lui arrivait souvent envers le maréchal Duroc, Berthier, Savary, et plusieurs de ses aides de camp. Le propos à l'égard de Savary est également faux l'Empereur n'eût jamais dit qu'il aimait Savary, parce qu'il tuerait son père s'il le lui ordonnait. Le prince Berthier, alors grand veneur, l'aimait aussi; mais il préférait chasser dans sa terre de Gros-Bois, plutôt qu'avec l'Empereur. Le jour que MarieLouise -dut recevoir, pour la première fois, toutes les personnes présentées à la cour, l'Empereur remarqua que, près du lit de repos destiné à l'Impératrice, on avait placé trois VII fauteuils pour Madame Mère et pour les reines d'Espagne et de Hollande. Il aimait à chanter, quoiqu'il eût la voix itrès fausse et qu'il n'ait jamais pu mettre une chanson sur l'air. On la vit très peu à' la. Sa maison. Naples pour aller au-devant d'elle. José Lito Maia Amor cigano Premium. Cette aventure aurait dû l'engager à faire quelques frais pour se rapprocher des dames du palais qui la détestaient, qui se plaignaient hautement d'elle, et qui disaient qu'elle n'était jamais une demi-heure dans le salon de service sans leur adresser quelque parole désobligeante. Elle ne quitta pas sans attendrissement les personnes qui l'avaient accom- IH pagnée de Vienne, mais elle s'en sépara avec courage. Non, dit Napoléon, non ne voyez-vous pas qu'ils sont fatigués? Je parlerai plus tard des dames du palais que leurs fonctions, entièrement subordonnées à l'étiquette, rapprochaient rarement de la personne de l'impératrice; chacune avait pourtant ses prétentions, que blessait la présence de madame de Lajenski; leurs plaintes à cet égard auprès de la reine Caroline la décidèrent à un acte de despotisme dont sa bellesoîurfut profondément blessée. Je l'ai vu, assistant à la toilette de l'Impératrice, la tourmenter, lui pincer le cou et la joue. Tous murmuraient et disaient que le service souffrirait il se moquait d'eux, et c'est tout ce qu'ils obtenaient. Il arriva des rivalités entre les dames du palais et les dames d'annonces, qui occasionnèrent entre elles des débats très ficheux.

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Nous occupâmes leurs places jusqu'à l'entrée de la galerie, et là elles nous remplacèrent. Je dois placer ici le portrait de Napoléon.

Il était âgé de quaranteet un ans. Dans sa jeunesse, il était fort maigre, avait le teint olivâtre, la figure longue et les yeux couverts l'ensemble de sa physionomie n'était rien moins qu'agréable. Napoléon, dans les camps et dans ses premières campagnes, ne craignait aucune fatigue, bravait les plus mauvais temps, couchait sous une mauvaise tente, et semblait oublier tous les soins de sa personne. Dans son palais, il se baignait presque tous les jours, se frottait tout le corps d'eau de Cologne, et changeait quelquefois de linge plusieurs fois dans la journée.

Son costume de prédilection était celui des chasseurs à cheval de la garde. Dans ses voyages, tout logement lui semblait bon, pourvu que le moindre jour ne pût pénétrer dans sa chambre à coucher; il n'y supportait même pas une veilleuse. Sa table était chargée des mets les plus recherchés, mais il n'y touchait jamais une poitrine de mouton grillée, descôteletles, un poulet rôti, des lentilles ou des haricots, étaient ce qu'il mangeait de préférence.

Il était difficile sur la qualité du pain et ne buvait que du meilleur vin, mais en très petite quantité. On a prétendu qu'il buvait tous les jours huit ou dix tasses de café; c'est une fablequ'il faut reléguer avec lant d'autres; il n'en prenait qu'une demi-tasse après son déjeuner, et autant après avoir dîné.

Il est vrai cependant qu'il était tellement distrait et préoccupé, qu'il lui est arrivé quelquefois de demander son cafêimmédiatemènt après l'avoir bu, et de soutenir qu'il n'en avait pas pris. Il mangeait très vite, et se levait de table dès qu'il avait fini, sans s'inquiéter si ceux qui y étaient admis avaient eu le temps de dîner.

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On a encore prétendu qu'il prenait les plus grandes précautions pour ne pas être empoisonné nouveau mensonge; peut-être n'en prenait-il pas assez. Tous les matins, on apportait son déjeuner dans une antichambre où étaient admis indifféremment tous ceux qui avaient obtenu un rendez-vous et qui y attendaient quelquefois fort longtemps.

Les plats, tenus chauds, y restaient souvent déposés plusieurs heures, en attendant qu'il donnât ordre qu'on servît. Le dincr était apporté par des valets de pied, dans des paniers couverts; mais rien au monde n'eût été plus facile que d'y glisser du poison si l'on en eût eu l'intention. Il avait le verbe haut; et, quand il était en gaieté, ses éclats de rire s'entendaient de fort loin. Il aimait à chanter, quoiqu'il eût la voix itrès fausse et qu'il n'ait jamais pu mettre une chanson sur l'air.

L'Empereur avait le même usage avec ses ministres: il retranchait, supprimait en détail; et lorsque le budget était fait, il en ôtait encore un sixième ou un quart. Tous murmuraient et disaient que le service souffrirait il se moquait d'eux, et c'est tout ce qu'ils obtenaient.

Forcé de faire des économies, chacun s'en occupait dans son département, et finissait par avoir assez de ce qui lui avait été accordé. Toutes les personnes qui ont vécu près de l'Empereur savent qu'il avait du tact, de l'esprit, qu'il savait mener et employer les hommes. C'est à ce talent qu'il a dû sa puissance. On a dit qu'il méprisait en général tous ceux qui l'entouraient j'ignore si cela est vrai, mais ce que j'ai vu, c'est qu'il était froid et poli avec ceux qu'il n'aimait pas, et qu'il ne disait des choses dures et désobligeantes qu'à ceux qu'il aimait.

Cependantjamais cela n'allait jusqu'aux expressions de mépris. Je puis. Il n'a point dit que les chambellans étaient des valets, dont toute la différence était d'avoir une livrée rouge au lieu de l'avoir verte. Le propos à l'égard de Savary est également faux l'Empereur n'eût jamais dit qu'il aimait Savary, parce qu'il tuerait son père s'il le lui ordonnait. C'est une bêtise atroce qui n'a pu être crue par une personne sensée. Beaucoup de gens veulent aujourd'hui avilir Napoléon.

Je suis persuadé que ce sont ceux qui l'ont le 2 plus encensé qui, aujourd'hui, crient le plus haut contre lui. Tant de. Napoléon eut assez de torts sans qu'on ait besoin de lui en prêter. On ne peut le diffamer sans insulter à la nation dont il fut dix ans le chef, et aux souverains qui s'allièrent à lui.

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J'ai dit plus haut qu'il avait de l'esprit j'ajouterai qu'il avait des connaissances générales sur tous les objets; il n'était étranger à aucun art, il aimait les lettres et appréciait les hommes instruits; il sut distinguer et attacher à.

Sa famille, où l'esprit pa:raît héréditaire, fut, ainsi que lui, placée à la cour. Napoléon, nommé premier consul, appritquele maréchal de Ségur vivait à Versailles dans une position de fortune très malheureuse. Il chargea le comte de Ségur de lui amener son père aux Tuileries.

Dès qu'il parut, le premier consul. Napoléon, dans les premiers temps de son étonnante fortune, n'imitait pas la conduite de ces, parvenus qui ne craignent rien tant que de rencontrer des témoins de leur premier état.

Il accueillait ceux qu'il avait connus autrefois, leur rendait service et conservait même' avec eux son ancienne familiarité. Le jour où il fut nommé premier consul, il envoya un courrier à Saint-Denis, porter une lettre à M.

Rulhière, qui avait été en même temps que lui sôus-lieutenant dans le régiment de La Fère, pour lui annoncer qu'il l'avait choisi pour son secré- taire. Il le nomma ensuite secrétaire général de la commission du gouvernement qu'il venait d'établir en Piémont; enfin il lui donna la préfecture d'Aix-la-Chapelle.

Mais jamais Rulhières n'en prit possession il avait été attaqué en Piémont d'une maladie à laquelle tout l'art de la médecine ne put rien connaître, et il en mourut à Paris, où il était venu pour consulter. L'embonpoint que Napoléon -acquit avec l'âge fit paraître sa figure plus arrondie, sa peau plus blanche; ses yeux prirent plus d'éclat, sa physionomie de la noblesse et beaucoup d'expression. Pendant les trois premiers mois qui suivirent son mariage, l'Empereur passa auprès de l'Impératrice les jours et les nuits; les affaires les plus urgentes pouvaient à peine l'en arracher quelques instants; lui, qui aimait passionnément le travail, qui s'occupait quelquefois avec ses ministres huit ou dix heures de suite sans en être fatigué, qui lassait successivement plusieurs secrétaires, convoquait maintenant des conseils auxquels il n'arrivait que deux heures après qu'ils étaient assemblés; il donnait fort peu d'audiences particulières et il fallait l'avertir plusieurs fois pour celles qu'il ne pouvait se dispenser d'accorder.

On était surpris d'un tel changement les ministres jetaient les hauts cris les vieux courtisans observaient et disaient que cet état était trop violentpour pouvoir durer.

L'Impératrice seule ne doutait pas de la continuation d'un sentiment qu'elle partageait et qui faisait son bonheur. Napoléon n'avait pas toujours été, disait-on, aussi aimable dans son intérieur. Rien n'est plus absurde que ces on dit. J'en ai parlé à un de ses valets de chambre, qui m'a assuré que, depuis dix ans qu'il était à son.

Gai, familier dans son intérieur, il aimait à tirer les oreilles, à pincer les joues, ce qui lui arrivait souvent envers le maréchal Duroc, Berthier, Savary, et plusieurs de ses aides de camp. Je l'ai vu, assistant à la toilette de l'Impératrice, la tourmenter, lui pincer le cou et la joue. Si elle se fâchait, il la prenait dans ses bras, l'embrassait, l'appelait grosse bête, et la paix était faite.

Lorsque l'Empereur voulait adresser ses plaisanteries à madame de Montebello, elle le repoussait avec humeur, et il cessait à l'instant. Il était aimable et bon pour ceux qui l'entouraient. Entre mille exemples, en voici un chacun sait qu'il aimait beaucoup la chasse. Le prince Berthier, alors grand veneur, l'aimait aussi; mais il préférait chasser dans sa terre de Gros-Bois, plutôt qu'avec l'Empereur.

Un jour qu'elle était commencée, Berthier vint au Jever de l'Empereur qui lui demanda Quel temps fait-il? Mauvais temps, Sire. Et la chasse, comment ira-t-elle? Il faut la remettre. L'oi'dre est donné, et à onze heures l'Empereur vient déjeuner chez l'Impératrice.

Il faisait un très beau soleil, c'était au mois de février. Ils conviennent de faire un tour à pied et d'emmener Berthier. On le fait demander, et l'Empereur apprend qu'il estparLi pourchàsser à Gros-Bois. L'Empereur voulait être maître dans les affaires importantes, mais il souffrait et aimait même la contradiction. Lorsqu'il était chez Marie-Louise, il contrariait les premières dames sur mille choses.

Un jour qu'il entrait dans un des salons de l'Impératrice, il y trouva une jeune personne, mademoiselle M. Il fit signe à ceux qui se trouvaient en face de lui dé garder le silence, et, s'avançant doucement derrière elle, il lui cacha les yeux avec ses mains. Elle ne connaissait que M. Bourdier, homme âgé et respectable, attaché à l'Impératrice en qualité de premier médecin, qui pût se permettre une telle familiarité avec elle; aussi ne douta-t-elle pas un instant que ce ne fût lui.

L'empereur les avait très belles. De grosses vilaines mains répéta l'Empereur en lui rendant l'usage de la vue, vous êtes difficile La pauvre jeune personne fut si confuse, qu'elle fut obligée de se réfugier dans une autre pièce.

Une autre fois, il était dans la chambre de l'Impératrice pendant qu'on l'habillait il marcha, sans le vouloir, sur le pied de la dame qui présidait à la toilette, madame D. Qu'avez-vous donc? Rien, répondit-il en partant d'un éclat de rire j'ai marché sur le pied de madame et j'ai crié pour l'empêcher de le faire vous voyez que cela m'a réussi. Dans l'automne qui suivit le mariage de l'Empereur, la cour fut passer quelque temps à Fontainebleau.

Il y avait du feu partout, excepté chez l'Impératrice qui, habituée aux poêles, prétendait que le feu l'incommodait. Un jour, l'Empereur vint passer quelque temps près d'elle. En sortant, il se plaint du froid et dit à la dame de service de faire faire du feu. Lorsque l'Empereur fut parti, l'Impératrice défendit qu'on en fît. La dame de service était mademoiselle Rabusson, jeune personne sortie nouvellement d'Écouen, très franche et très naturelle.

L'Empereur revint deux heures après et demanda pourquoi on n'avait pas exécuté ses ordres. Sire, dit la dame, l'Impératrice ne veut pas de feu; elle est chez elle, et je dois lui obéir. L'Empereur ritbeaucoup de cette réponse et, en rentrant chez lui, il dit au maréchal Diiroc qui s'y trouvait Savez-vous ce qu'on m'a dit chez l'Impératrice?

Cette réponse amusa quelques jours 'le château. Un jour que Napoléon déjeunait avec MarieLouise, il s'aperçut- qu'il avait oublié son mouchoir. On s'empressa de lui en présenter mi il le déplia et, le'voyant brodé et garni de dentelle, il demanda ce qu'il pouvait coûter.

Mais, 80 à francs, répondit madame D. Si j'étais première dame, j'envolerais un tous les jours. Il est fort heureux, Sire, que nous ayons plus de probité que Votre Majesté. C'est bien fait, dit l'Impératrice, tu n'as que ce que tu mérites.

L'empereur s'amusa de la réponse. Napoléon aimait beaucoup les enfants, et souvent ceux de la reine Hortense et de son frère Louis venaient déjeuner avec MarieLouise et lui. Il aimait à les contrarier. Napoléon lui fait tourner la tête en lui désignant un joujou à regarder et enlève son oeuf. L'Empereur le lui rendit en disant -Tu seras un fameux gaillard.

Une autre fois, la fille de la princesse Élisa, enfant de cinq ans et très fière, déjeunait également avec l'Empereur. Comment, Mademoiselle, lui dit-il d'un air fort sérieux, j'ai appris de belles choses. Vous avez p. C'était un conte qu'il faisait. La petite princesse se lève droite sur son fauteuil et, avec un. L'Empereur rit, mais il eut beaucoup de peine à la faire rasseoir. Un autre jour qu'il lui adressait un propos du même genre Retournons à Florence, dit l'enfant à sa gouvernante, qui était présente, ici on ne me connaît pas.

On a rapporté plusieurs traits de bienfaisance et de bonté de Napoléon, qui sont trop connus pour que je les répète ici en voici un qui, je crois, n'a jamais été cité.

Étant à la chasse dans la forêt de Compiègne, il était descendu de cheval et se promenait, accompagne seulement de M. Ils avaient servi dans les troupes françaises qui avaient fait la guerre en Egypte. L'un des deux reconnut l'Empereur et se leva aussitôt. Non, dit Napoléon, non ne voyez-vous pas qu'ils sont fatigués? Il fit rasseoir celuiqui était debout, s'assit luimême quelques instants sur le même tronc d'arbre, causa avec eux de l'expédition d'Egypte et de leurs affaires particulières, et, ayant appris que l'un d'eux n'avait pas obtenu de pension de retraite, il la lui accorda, et donna dix napoléons à chacun en les quittant.

Napoléon organise l'intérieur de la maison de MarieLouise. Rivalités d2 femmes. L'orfèvre Biennais. L'Empereur n'était pas jaloux, et cependant il avait entouré sa jeune épouse d'une foule d'entraves qui ressemblaient auxprécautions de la jalousie.

Elles avaient pourtant leur principe dans des idées plus libérales. Il connaissait les moeurs relâchées de sa cour, et il voulut organiser à l'Impératrice un intérieur qui la rendît inaccessible au plus léger soupçon.

La dame d'honneur, la dame d'atour et les dames d'annonces, avaient seules le droit d'entrer à toute heure chez elle. Du temps de l'impératrice Joséphine, il y avait quatre dames d'annonces dont l'unique fonction était de garder la porte de.

L'Impératrice admettait plusieurs personnes dans son intimité. Il arriva des rivalités entre les dames du palais et les dames d'annonces, qui occasionnèrent entre elles des débats très ficheux. Ces débats avaient fatigué l'Empereur; ils furent cause que, sachant la vie sédentaire que menaient les dames consacrées à l'éducation des filles des membres de la Légion d'honneur, dans la maison impériale d'Écouen, il chargea la reine de Naples d'écrire à madame Campan, surintendante de cette maison, pour qu'elle en choisît quatre pour être attachées à la nouvelle Impératrice.

LES MERCENAIRES MARIE LOUISE

Il exigea que la préférence fût donnée aux filles et veuves de généraux et annonça qu'à l'avenir, ces places appartiendraient, aux élèves de la maison impériale -d'Écouen et deviendraient la récompense de leur bonne conduite.

Ces six dames, qui portèrent d'abord le titre de dames d'annonces, parce qu'elles étaient chargées d'annoncer les personnes qui se présentaient, mais qui furent ensuite nommées premières dames de l'Impératrice-, parce qu'elles étaient véritablement chargées de tout le service intérieur, avaient sous leurs ordres six femmes de chambre; mais celles-ci n'entraient chez l'Impératrice que lorsque la sonnette les y appelait, au lieu que les premières dames, dont quatre étaient de service tous les jours, passaient auprès d'elle, la journée tout entière.

Elles entraient chez l'Impératrice avant qu'elle fût levée, et ne la quittaient plus qu'elle ne fut couchée. Alors toutes les issues donnant dans sa chambre étaient fermées, une seule exceptée, qui conduisait dans une autre pièce, où couchait celle de ces dames qui avait le principal service, et l'Empereur même ne pouvait entrer,.

Aucun homme, à l'exception des officiers de santé, de MM. Les dames mêmes, excepté la dame d'honneur et la dame d'atour, n'y étaient reçues qu'après avoir obtenu un rendez-vous de Marie-Louise. Les dames de l'intérieur étaient chargées de faire exécuter ces règlements; elles étaient responsables de leur exécution. Une d'elles assistait aux leçons de musique, de dessin, de broderie, que prenait l'Impératrice.

Elles écrivaient sous sa dictée ou par son ordre, et remplissaient les fonctions de lectrices et de dames d'intérieur. Cette vie était pénible sans doute; mais elles avaient pris à Écouen l'habitude de la retraite; les bontés que leur témoignait leur souveraine en adoucissaient les désagréments, et elles la servaient encore plus par affection que par devoir. Leur présence continuelle dans l'intérieur des appartements où l'Empereur venait sou- vent, parce que l'Impératrice y passait une partie de ses journées, excita la jalousie et l'envie de plusieurs dames du palais.

Ne pouvant attaquer leur conduite, qui était parfaitement régulière, elles cherchèrent à les humilier. Ce fut à leur sollicitation que Napoléon changea le titre de dames d'annonces en celui de premières femmes de chambre, titre qui n'avait aucun rapport avec les fonctions que ces dames remplissaient. Le titre donné aux dames d'Écouen était un titre sans fonctions, puisqu'elles ne se mèlaient pas de la toilette.

Un jour que l'Empereur déjeunait avec l'Impératrice, il dit à madame D. Sire, des capitaines de votre garde n'épouseront pas des femmes de chambre. Elles seront présentées après leur mariage; d'ailleurs, madame la baronne de Misery n'était-elle pas femme de chambre de Marie-Antoinette? Depuis lors, Sire, une révolution s'est faite dans les idées; ce qui, alors, était honoré, ne l'est plus aujourd'hui. Lorsque Votre Majesté demanda des dames d'Écouen pour faire partie de la maison de l'Impératrice, nous dûmes croire que, quittant une position honorable et respectée, nous ne devions pas déchoir.

Mais, Sire, veuve d'un général1, ayant un fils, dois-je le faire rougir de la position de sa mère? Si Votre Majesté persiste dans l'intention de nous donner ce titre, malgré ma profonde douleur de quitter l'Impératrice, je la supplierai.

L'Empereur se mit à rire de ma vivacité et parla d'autres choses. Lorsqu'il fut parti, MarieLouise, qui avait toujours été parfaitement bonne pour moi, me demanda comment j'avais osé tenir tète à l'Empereur, et me dit qu'elle avait craint qu'il ne me renvoyât à Écouen.

Madame, l'Empereur est juste et a dû comprendre ma susceptibilité. Le général Durand commandait le fort Vauban en , il fut bombardé et obligé de se rendre aux Autrichiens après la défènse la plus honorable; il fut emmené en Hongrie.

Échangé après la mort de Robespierre, iLse retira dans sa famille et n'a' plus voulu servir depuis. Le général est mort en Quelques jours après,'nous fûmes toutes six nommées- lectrices. Dans tous les voyages de la cour, toujours une des premières dames couchait dans une chambre à côté de celle de l'Impéràtrice, et par laquelle il fallait nécessairement passer pour y arriver.

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Je vais citer deux exemples de la rigidité que l'Empereur mettait à l'exécution de ses ordres. L'orfèvre Biennais avait fait faire pour l'Impératrice un serre-papier renfermant plusieurs secrets qu'elle seule devait connaître; il fallait qu'il pût les lui montrer. Marie-Louise en parla à son époux qui lui permit de recevoir Biennais; ce,dernier fut mandé à Saint-Cloud. Arrivé, on l'introduisit dans le salon de musique il était à un bout avec Sa Majesté, et une première dame, madame D.

Au moment où elle fut terminée, l'Empereur arriva, et,. L'Empereur nia formellement ce dernier article, prétendit que la dame de service avait tort, lui adressa une sévère réprimande, que l'Impératrice eut toutes les peines du monde à faire cesser, quoi qu'elle lui dit Mais, mon ami, c'est moi qui ai or- donné de faire venir Biennais.

Voici le second exemple.

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Marie-Louise avait pour maître de musique un homme qui avait été attaché à sa mère au même titre M. Un jour, qu'il était à donner sa leçon, la dame de service, la même madame D. Le maître de musique -sortit; il lui demanda alors où elle était à son arrivée. Elle lui observa qu'elle n'avait pas quitté l'appartement; il ne voulut pas le croire et lui fit un long sermon dans lequel il lui dit. Il ajouta avec vivacité Madame, j'honore et je respecte l'Impératrice mais la souveraine d'un grand empire doit être placée hors de l'atteinte d'un soupçon.

On peut juger, d'après ces deux exemples, quelle confiance on doit accorder à l'anecdote qu'on a fait courir sur Leroy, marchand de modes; on prétendait qu'il avait été exclu du palais pour avoir dit à l'Impératrice, en lui essayant une robe, qu'elle avait de belles épaules. Je connais assez M. Leroy pour être sûr que, s'il avait été admis dans l'intérieur, il n'eût pas tenu le propos qu'on lui prête; il a trop de tact et l'usage de la cour pour dire une chose aussi inconvenante; mais il n'en a pas eu l'occasion.

Quoiqu'il fît faire chez lui les robes de Marie-Louise sur un modèle qu'on lui avait remis, jamais ni lui ni personne de sa maison ne les ont essayées à l'Impératrice; c'étaient les femmes de chambre qui lui indiquaient les changements qu'il y avait à faire; 3. Aucun fournisseur ne voyait et ne parlait à l'Impératrice dans son intérieur.

Madame de Luçay. Le général Lannes. Mot de Joséphine. Le duc etla duchesse de Montebello. Le prél'et Mèredequi. Madame de Montebello, dame d'honneur, et madame de Luçay, dame d'atour, allaient tous lès matins passer une heure ou deux avec l'Impératrice. On serait tenté de croire qu'il y a une fatalité attachée à ces deux places. Jamais, dans aucun temps, les dames qui les ont. Les mémoires de mesdames de Motteville et Campan prouvent la vérité de cette observation; en voici un nouvel exemple.

Madame de Montebello et madame de Luçay ne se sont jamais aimées depuis qu'elles fu- v rent attachées à l'Impératrice. La première avait rendu, à ce qu'il paraît, de très mauvais services à cette dernière.

Il en résulta un éloignement d'autant plus remarquable qu'il venait de madame de Montebello et d'autant plus étonnant que madame de Luçay est douce, bien élevée, d'une conduite parfaite, incapable de nuire, même à son ennemi si elle pouvait en avoir un , n'ayant de force et de courage que pour défendre les absentsetnullement pour se défendre elle-même; possédant la tenue et tout l'usage nécessaire pour vivre à la cour, où elle était depuis bien des années.

Son mari avait été un des premiers qui s'étaient attachés à la fortune de Napoléon il était alors propriétaire du ehâteau de Valençay; il fut nommé préfet de l'Indre, devint ensuite préfet du palais; madame de Luçay fut alors nommée dame du palais de Joséphine. L'Empereur, n'ayant eu qu'à se louer d'elle, l'attacha à sa jeune épouse comme dame d'alour. Madame de Montebello était sorlie. Sa mère, femme estimable, avait présidé à son éducation; mais, n'ayant pas vécu dans la haute société, elle ne put donner à sa fille ni les idées ni les sentiments dont elle aurait eu besoin pour remplir dignement la place importante à laquelle elle fut appelée.

Elle parut à la cour, comme épouse du général Lannes; elle avait une figure de vierge et un grand air de douceur elle plut généralement, quoiqu'elle eût dans le caractère beaucoup de froideur et de sécheresse.

On la vit très peu à' la. Né dans la classe des plébéiens, ce. Lorsqu'il créa une nouvelle noblesse, il accorda au général Lannes le titre de duc. Celui-ci n'en fut pas content, et il disait hautement qu'il avait mérité celui de prince, mieux que tous ceux qui l'avaient obtenu. Sa franchise était extrême, et il fut presque le seul homme qui ne déguisa jamais sa pensée devant l'Empereur.

Il avait même eu des querelles assez vives à ce sujet avecl'Impératrice Joséphine qui les protégeait. Il ne cherchait pas à cacher cette aversion les émigrés, qui en étaient instruits, lui rendaient bien ce même sentiment. Un jour qu'il s'en trouvait un assez grand nombre dans un salon des Tuileries, que Lannes avait traversé pour se rendre chez l'Empereur, ils affectaient de se placer devant lui, de manière à lui intercepter le passage.

A l'instant, le général tire son sabre, en jurant qu'il couperait les oreilles à quiconque l'empêcherait de passer. Dès lors il ne trouva plus d'obstacles chacun s'empressa de s'écarter, car on n'ignorait pas qu'il était homme à tenir parole.

Un autre jour qu'il avait inutilement fait de nouvelles instances à Napoléon pour l'engager à n'admettre près de lui aucun émigré, il finit par s'emporter, et, le tutoyant comme il faisait quelques années auparavant -Tu n'en veux faire qu'à ta tête, lui dit-il; mais tu t'en repentiras. Ce sont des traîtres tu les combleras de bienfaits, et ils t'assassineront s'ils en trouvent l'occasion.

Cette sortie lui valut un exil momentané. Mais celui pour lequel il affichait toujours le plus de mépris était Murât. Né dans la classe ordinaire du peuple, Murât, comme Masaniello, fut destiné à jouir de l'autorité suprême à Naples, et, comme lui, à finir ses jours d'une manière non moins tragique, avec cette différence cependant que, jusqu'au dernier moment, il conserva cette force d'âme et cette énergie qui l'avaient si bien caractérisé toute sa vie.

Il était connu dans l'armée par une bravoure à toute épreuve, bien que ses compagnons d'armes ne lui accordassent pas les qualités principales qui constituent un grand général. Mural aimait le faste et la dépense, et plus d'une fois il eut recours à la générosité de son beau-frère qui lui payait les dettes qu'il avait contractées, non sans le réprimander vertement sur ses prodigalités et le luxe qu'il affichait même étant en campagne.

Lorsqu'il fut nommé prince, il se rendit dans le département du Lot, où il était né et où était encore toute sa famille. Il en réunit tous les membres, riches ou pauvres, dans un dîner qu'il leur donna.

Tous, jusqu'aux plus petits arrièrecousins, trouvèrent dans ses bienfaits une existence douce. Revenons au maréchal Lannes. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait pu inspirer les mêmes sentiments à sa femme, et elle en donna, dans la suite, plus d'une preuve. Sa société intime ne se composait que de sa famille, et elfe ne recevait d'autre étranger que le docteur Corvisart, premier médecin de l'Empereur.

Guéhéneuc, son père, élait lie avec ce médecin par des rapports de goûts et d'habitudes, et cette compagnie n'était pas celle qu'on eût pu désirer pour une jeune "femme destinée à vivre auprès du trône. Madame la duchesse avait trente ans à l'époque dont je parle; parée, elle avait une des belles têtes de la cour, une figure douce, calme; un air froid, qu'elle rendait gracieux lorsqu'elle le voulait bien, en faisait encore une très jolie femme. N'aimant que ses enfants et sa famille, elle avait toujours joui de la meilleure réputation c'est ce qui lui valut la place de dame d'honneur.

L'empereur disait qu'il la lui avait donnée parce qu'elle était véritablement dame d'honneur. Redoutant de demander, de solliciter, et cependant obligée, par sa place, de le faire pour beaucoup de personnes, dont le nombre croissait avec sa faveur, elle en oublia ou en négligea plusieurs qui devinrent ses ennemis.

Elle ne savait jamais adoucir un refus; les siens étaient courts et secs. Obtenait-elle une faveur ou était-elle chargée d'annoncer une grâce obtenue? Cette conduite éloigna d'elle une foule de personnes qu'un mot gracieux lui eût attachées. On lui reprochait d'être haute, exigeante avec ses égaux, fière et dédaigneuse avec ses inférieurs.

Elle croyait au-dessous d'elle de cacher sa façon de penser sur le compte de ceux dont on parlait; elle l'exprimait hautement et sans ménagement.

Cette franchise, si nouvelle à la cour, lui valut la confiance de l'Impératrice, mais elle lui fit des ennemis qui se vengèrent en faisant courir contre elle une calomnie dont elle ne mérita jamais d'être l'objet on disait d'elle qu'elle était grosse de Napoléon.

Jamais madame Lannes n'a' aimé l'Empereur; je crois même qu'elle avait un éïoignemeiit très prononcé pour lui. On assure que le motif de cet éloignement tenait à son ambition; elle avait été profondément blessée que son- mari n'eût point été nommé prince; elle regarda cela comme une injustice; peutêtre avait-elle raison.

La mort du maréchal augmenta son aigreur contre Napoléon, mais ce qui acheva de l'irriter contre lui, ce fut la demande qu'elle fit faire par l'Impératrice, à la mort de Jacqueminot; de la sénatorerie de Douay, pour son père, que l'Emperéur refusa de la manière la plus désobligeante; le fait n'en est pas moins vrai, et elle l'a prouy.

Ce conte fut fait dans l'espoir de la brouiller avec l'Impératrice; mais la fausseté en était si évidente, qu'il ne fut cru que par ceux qui veulent tout croire.

LES MERCENAIRES MARIE LOUISE

Il est faux qu'elle se soit absentée; jamais elle n'a fait son service plus exactement qu'à cette époque. Cette aventure aurait dû l'engager à faire quelques frais pour se rapprocher des dames du palais qui la détestaient, qui se plaignaient hautement d'elle, et qui disaient qu'elle n'était jamais une demi-heure dans le salon de service sans leur adresser quelque parole désobligeante.

Elle n'était pas plus aimée dans l'intérieur, chose bien remarquable à l'égard d'une personne qui avait tout ce qu'il fallait pour plaire et être aimée.

On dit que, quoiqu'elle fût très riche, Corvisart, qui était son ami, avait persuadé à Marie-Louise que madame Lannes n'avait à elle, de l'immense fortune- de son mari, que 6, francs de rente, et qu'elle rendait de son côté le même service au docteur, en disant à. Lorsqu'en , Napoléon accorda à madame de Montesquiou une pension de 50, francs, pour la récompenser des soins qu'elle avait eus pour son fils, madame de Montebello en fut si fâchée, en conçut une telle jalousie, qu'elle ne laissa pas de repos à l'Impératrice jusqu'à ce qu'elle eût obtenu pour elle,'de l'Empereur, la même faveur, quoiqu'elle n'eût rien fait pour la mériter et qu'elle eût dû rougir de la solliciter.

Au bout de quelques mois de mariage, Na- poléon reprit ses anciennes habitudes, travailla davantage, et fut moins assidu auprès de sa jeune épouse. Elle était heureuse de trouver un cadeau.

On s'aperçut de son ascendant et bientôt elle fut accusée par ceux qui crurent avoir droit de se plaindre. Ces mots Madame Mère me rappellent une anecdote assez plaisante que je vais rapporter ici, quoiqu'elle y soit peut-être un peu déplacée, parce que je ne sais trop si je trouverais l'occasion de la consigner ailleurs, et qu'elle mérite d'être conservée.

Un préfet de département, l'un des plus éloignés de la capitale, ayant été mandé à Paris, re. Le palais de celui-ci était mitoyen avec celui de la mère de l'Empereur. Il l'était; pourtant, mais déjà l'amour exerçait sa douce influence, et elle voyait l'Empereur avec des yeux prévenus.

Napoléon la trouva charmante, et il était si enthousiasmé, qu'à peine voulut-il s'arrêter quelques instants à Soissons où il' avait été décidé qu'on coucherait, et l'on se rendit de suite à Compiègne. Il paraît que les prières de Napoléon, unies aux instances de la reine de Naples, décidèrent Marie-Louise à ne rien refuser à son trop heureux, mari. Sa vie. Ses habitudes privées. Son caractère. Traits de bonté et de bienfaisance.

Tout le monde a lu les détails de la cérémonie du mariage religieux de l'Impératrice et de l'Empereur. La grande galerie du Louvre, parfaitement décorée, garnie de six rangs de banquettes de chaque côté, était occupée par. C'était un spectacle magnifique pour le public.

Nous en avions un autre dans l'intérieur. La toque surtout fut placée et déplacée plusieurs fois, et nous essayâmes bien des manières de la poser; enfin nous réussîmes. Les quatre reines condamnées à porter le manteau en étaient fort contrariées, et, malgré nos avis, s'y prenaient fort mal. Nous occupâmes leurs places jusqu'à l'entrée de la galerie, et là elles nous remplacèrent.

Je dois placer ici le portrait de Napoléon. Il était âgé de quaranteet un ans. Dans sa jeunesse, il était fort maigre, avait le teint olivâtre, la figure longue et les yeux couverts l'ensemble de sa physionomie n'était rien moins qu'agréable. Napoléon, dans les camps et dans ses premières campagnes, ne craignait aucune fatigue, bravait les plus mauvais temps, couchait sous une mauvaise tente, et semblait oublier tous les soins de sa personne.

Dans son palais, il se baignait presque tous les jours, se frottait tout le corps d'eau de Cologne, et changeait quelquefois de linge plusieurs fois dans la journée. Son costume de prédilection était celui des chasseurs à cheval de la garde. Dans ses voyages, tout logement lui semblait bon, pourvu que le moindre jour ne pût pénétrer dans sa chambre à coucher; il n'y supportait même pas une veilleuse. Sa table était chargée des mets les plus recherchés, mais il n'y touchait jamais une poitrine de mouton grillée, descôteletles, un poulet rôti, des lentilles ou des haricots, étaient ce qu'il mangeait de préférence.

Il était difficile sur la qualité du pain et ne buvait que du meilleur vin, mais en très petite quantité. On a prétendu qu'il buvait tous les jours huit ou dix tasses de café; c'est une fablequ'il faut reléguer avec lant d'autres; il n'en prenait qu'une demi-tasse après son déjeuner, et autant après avoir dîné.

Il est vrai cependant qu'il était tellement distrait et préoccupé, qu'il lui est arrivé quelquefois de demander son cafêimmédiatemènt après l'avoir bu, et de soutenir qu'il n'en avait pas pris. Il mangeait très vite, et se levait de table dès qu'il avait fini, sans s'inquiéter si ceux qui y étaient admis avaient eu le temps de dîner.

On a encore prétendu qu'il prenait les plus grandes précautions pour ne pas être empoisonné nouveau mensonge; peut-être n'en prenait-il pas assez. Tous les matins, on apportait son déjeuner dans une antichambre où étaient admis indifféremment tous ceux qui avaient obtenu un rendez-vous et qui y attendaient quelquefois fort longtemps.

Les plats, tenus chauds, y restaient souvent déposés plusieurs heures, en attendant qu'il donnât ordre qu'on servît. Le dincr était apporté par des valets de pied, dans des paniers couverts; mais rien au monde n'eût été plus facile que d'y glisser du poison si l'on en eût eu l'intention. Il avait le verbe haut; et, quand il était en gaieté, ses éclats de rire s'entendaient de fort loin. Il aimait à chanter, quoiqu'il eût la voix itrès fausse et qu'il n'ait jamais pu mettre une chanson sur l'air.

L'Empereur avait le même usage avec ses ministres: il retranchait, supprimait en détail; et lorsque le budget était fait, il en ôtait encore un sixième ou un quart. Tous murmuraient et disaient que le service souffrirait il se moquait d'eux, et c'est tout ce qu'ils obtenaient. Forcé de faire des économies, chacun s'en occupait dans son département, et finissait par avoir assez de ce qui lui avait été accordé. Toutes les personnes qui ont vécu près de l'Empereur savent qu'il avait du tact, de l'esprit, qu'il savait mener et employer les hommes.

C'est à ce talent qu'il a dû sa puissance. On a dit qu'il méprisait en général tous ceux qui l'entouraient j'ignore si cela est vrai, mais ce que j'ai vu, c'est qu'il était froid et poli avec ceux qu'il n'aimait pas, et qu'il ne disait des choses dures et désobligeantes qu'à ceux qu'il aimait. Cependantjamais cela n'allait jusqu'aux expressions de mépris. Je puis. Il n'a point dit que les chambellans étaient des valets, dont toute la différence était d'avoir une livrée rouge au lieu de l'avoir verte.

Le propos à l'égard de Savary est également faux l'Empereur n'eût jamais dit qu'il aimait Savary, parce qu'il tuerait son père s'il le lui ordonnait.

C'est une bêtise atroce qui n'a pu être crue par une personne sensée. Beaucoup de gens veulent aujourd'hui avilir Napoléon. Je suis persuadé que ce sont ceux qui l'ont le 2 plus encensé qui, aujourd'hui, crient le plus haut contre lui. Tant de. Napoléon eut assez de torts sans qu'on ait besoin de lui en prêter. On ne peut le diffamer sans insulter à la nation dont il fut dix ans le chef, et aux souverains qui s'allièrent à lui.

J'ai dit plus haut qu'il avait de l'esprit j'ajouterai qu'il avait des connaissances générales sur tous les objets; il n'était étranger à aucun art, il aimait les lettres et appréciait les hommes instruits; il sut distinguer et attacher à.

Sa famille, où l'esprit pa:raît héréditaire, fut, ainsi que lui, placée à la cour. Napoléon, nommé premier consul, appritquele maréchal de Ségur vivait à Versailles dans une position de fortune très malheureuse. Il chargea le comte de Ségur de lui amener son père aux Tuileries. Dès qu'il parut, le premier consul. Napoléon, dans les premiers temps de son étonnante fortune, n'imitait pas la conduite de ces, parvenus qui ne craignent rien tant que de rencontrer des témoins de leur premier état.

Il accueillait ceux qu'il avait connus autrefois, leur rendait service et conservait même' avec eux son ancienne familiarité. Le jour où il fut nommé premier consul, il envoya un courrier à Saint-Denis, porter une lettre à M.

Rulhière, qui avait été en même temps que lui sôus-lieutenant dans le régiment de La Fère, pour lui annoncer qu'il l'avait choisi pour son secré- taire. Il le nomma ensuite secrétaire général de la commission du gouvernement qu'il venait d'établir en Piémont; enfin il lui donna la préfecture d'Aix-la-Chapelle.

Mais jamais Rulhières n'en prit possession il avait été attaqué en Piémont d'une maladie à laquelle tout l'art de la médecine ne put rien connaître, et il en mourut à Paris, où il était venu pour consulter.

L'embonpoint que Napoléon -acquit avec l'âge fit paraître sa figure plus arrondie, sa peau plus blanche; ses yeux prirent plus d'éclat, sa physionomie de la noblesse et beaucoup d'expression. Pendant les trois premiers mois qui suivirent son mariage, l'Empereur passa auprès de l'Impératrice les jours et les nuits; les affaires les plus urgentes pouvaient à peine l'en arracher quelques instants; lui, qui aimait passionnément le travail, qui s'occupait quelquefois avec ses ministres huit ou dix heures de suite sans en être fatigué, qui lassait successivement plusieurs secrétaires, convoquait maintenant des conseils auxquels il n'arrivait que deux heures après qu'ils étaient assemblés; il donnait fort peu d'audiences particulières et il fallait l'avertir plusieurs fois pour celles qu'il ne pouvait se dispenser d'accorder.

On était surpris d'un tel changement les ministres jetaient les hauts cris les vieux courtisans observaient et disaient que cet état était trop violentpour pouvoir durer. L'Impératrice seule ne doutait pas de la continuation d'un sentiment qu'elle partageait et qui faisait son bonheur. Napoléon n'avait pas toujours été, disait-on, aussi aimable dans son intérieur. Rien n'est plus absurde que ces on dit.

J'en ai parlé à un de ses valets de chambre, qui m'a assuré que, depuis dix ans qu'il était à son. Gai, familier dans son intérieur, il aimait à tirer les oreilles, à pincer les joues, ce qui lui arrivait souvent envers le maréchal Duroc, Berthier, Savary, et plusieurs de ses aides de camp.

Je l'ai vu, assistant à la toilette de l'Impératrice, la tourmenter, lui pincer le cou et la joue. Si elle se fâchait, il la prenait dans ses bras, l'embrassait, l'appelait grosse bête, et la paix était faite. Lorsque l'Empereur voulait adresser ses plaisanteries à madame de Montebello, elle le repoussait avec humeur, et il cessait à l'instant.

Il était aimable et bon pour ceux qui l'entouraient. Entre mille exemples, en voici un chacun sait qu'il aimait beaucoup la chasse. Le prince Berthier, alors grand veneur, l'aimait aussi; mais il préférait chasser dans sa terre de Gros-Bois, plutôt qu'avec l'Empereur.

Un jour qu'elle était commencée, Berthier vint au Jever de l'Empereur qui lui demanda Quel temps fait-il? Mauvais temps, Sire. Et la chasse, comment ira-t-elle? Il faut la remettre. L'oi'dre est donné, et à onze heures l'Empereur vient déjeuner chez l'Impératrice. Il faisait un très beau soleil, c'était au mois de février.

Ils conviennent de faire un tour à pied et d'emmener Berthier. On le fait demander, et l'Empereur apprend qu'il estparLi pourchàsser à Gros-Bois. L'Empereur voulait être maître dans les affaires importantes, mais il souffrait et aimait même la contradiction. Lorsqu'il était chez Marie-Louise, il contrariait les premières dames sur mille choses. Un jour qu'il entrait dans un des salons de l'Impératrice, il y trouva une jeune personne, mademoiselle M.

Il fit signe à ceux qui se trouvaient en face de lui dé garder le silence, et, s'avançant doucement derrière elle, il lui cacha les yeux avec ses mains. Elle ne connaissait que M. Bourdier, homme âgé et respectable, attaché à l'Impératrice en qualité de premier médecin, qui pût se permettre une telle familiarité avec elle; aussi ne douta-t-elle pas un instant que ce ne fût lui.

L'empereur les avait très belles. De grosses vilaines mains répéta l'Empereur en lui rendant l'usage de la vue, vous êtes difficile La pauvre jeune personne fut si confuse, qu'elle fut obligée de se réfugier dans une autre pièce. Une autre fois, il était dans la chambre de l'Impératrice pendant qu'on l'habillait il marcha, sans le vouloir, sur le pied de la dame qui présidait à la toilette, madame D.

Qu'avez-vous donc? Rien, répondit-il en partant d'un éclat de rire j'ai marché sur le pied de madame et j'ai crié pour l'empêcher de le faire vous voyez que cela m'a réussi. Dans l'automne qui suivit le mariage de l'Empereur, la cour fut passer quelque temps à Fontainebleau. Il y avait du feu partout, excepté chez l'Impératrice qui, habituée aux poêles, prétendait que le feu l'incommodait.

Un jour, l'Empereur vint passer quelque temps près d'elle. En sortant, il se plaint du froid et dit à la dame de service de faire faire du feu. Lorsque l'Empereur fut parti, l'Impératrice défendit qu'on en fît. La dame de service était mademoiselle Rabusson, jeune personne sortie nouvellement d'Écouen, très franche et très naturelle.

L'Empereur revint deux heures après et demanda pourquoi on n'avait pas exécuté ses ordres. Sire, dit la dame, l'Impératrice ne veut pas de feu; elle est chez elle, et je dois lui obéir.

L'Empereur ritbeaucoup de cette réponse et, en rentrant chez lui, il dit au maréchal Diiroc qui s'y trouvait Savez-vous ce qu'on m'a dit chez l'Impératrice? Cette réponse amusa quelques jours 'le château. Un jour que Napoléon déjeunait avec MarieLouise, il s'aperçut- qu'il avait oublié son mouchoir. On s'empressa de lui en présenter mi il le déplia et, le'voyant brodé et garni de dentelle, il demanda ce qu'il pouvait coûter.

Mais, 80 à francs, répondit madame D. Si j'étais première dame, j'envolerais un tous les jours. Il est fort heureux, Sire, que nous ayons plus de probité que Votre Majesté.

LES MERCENAIRES MARIE LOUISE

C'est bien fait, dit l'Impératrice, tu n'as que ce que tu mérites. L'empereur s'amusa de la réponse. Napoléon aimait beaucoup les enfants, et souvent ceux de la reine Hortense et de son frère Louis venaient déjeuner avec MarieLouise et lui. Il aimait à les contrarier. Napoléon lui fait tourner la tête en lui désignant un joujou à regarder et enlève son oeuf.

L'Empereur le lui rendit en disant -Tu seras un fameux gaillard. Une autre fois, la fille de la princesse Élisa, enfant de cinq ans et très fière, déjeunait également avec l'Empereur.

Comment, Mademoiselle, lui dit-il d'un air fort sérieux, j'ai appris de belles choses. Vous avez p. C'était un conte qu'il faisait. La petite princesse se lève droite sur son fauteuil et, avec un. L'Empereur rit, mais il eut beaucoup de peine à la faire rasseoir. Un autre jour qu'il lui adressait un propos du même genre Retournons à Florence, dit l'enfant à sa gouvernante, qui était présente, ici on ne me connaît pas.

On a rapporté plusieurs traits de bienfaisance et de bonté de Napoléon, qui sont trop connus pour que je les répète ici en voici un qui, je crois, n'a jamais été cité. Étant à la chasse dans la forêt de Compiègne, il était descendu de cheval et se promenait, accompagne seulement de M. Ils avaient servi dans les troupes françaises qui avaient fait la guerre en Egypte. L'un des deux reconnut l'Empereur et se leva aussitôt.

Non, dit Napoléon, non ne voyez-vous pas qu'ils sont fatigués? Il fit rasseoir celuiqui était debout, s'assit luimême quelques instants sur le même tronc d'arbre, causa avec eux de l'expédition d'Egypte et de leurs affaires particulières, et, ayant appris que l'un d'eux n'avait pas obtenu de pension de retraite, il la lui accorda, et donna dix napoléons à chacun en les quittant. Napoléon organise l'intérieur de la maison de MarieLouise. Rivalités d2 femmes. L'orfèvre Biennais. L'Empereur n'était pas jaloux, et cependant il avait entouré sa jeune épouse d'une foule d'entraves qui ressemblaient auxprécautions de la jalousie.

Elles avaient pourtant leur principe dans des idées plus libérales. Il connaissait les moeurs relâchées de sa cour, et il voulut organiser à l'Impératrice un intérieur qui la rendît inaccessible au plus léger soupçon. La dame d'honneur, la dame d'atour et les dames d'annonces, avaient seules le droit d'entrer à toute heure chez elle.

Du temps de l'impératrice Joséphine, il y avait quatre dames d'annonces dont l'unique fonction était de garder la porte de. L'Impératrice admettait plusieurs personnes dans son intimité. Il arriva des rivalités entre les dames du palais et les dames d'annonces, qui occasionnèrent entre elles des débats très ficheux. Ces débats avaient fatigué l'Empereur; ils furent cause que, sachant la vie sédentaire que menaient les dames consacrées à l'éducation des filles des membres de la Légion d'honneur, dans la maison impériale d'Écouen, il chargea la reine de Naples d'écrire à madame Campan, surintendante de cette maison, pour qu'elle en choisît quatre pour être attachées à la nouvelle Impératrice.

Il exigea que la préférence fût donnée aux filles et veuves de généraux et annonça qu'à l'avenir, ces places appartiendraient, aux élèves de la maison impériale -d'Écouen et deviendraient la récompense de leur bonne conduite. Ces six dames, qui portèrent d'abord le titre de dames d'annonces, parce qu'elles étaient chargées d'annoncer les personnes qui se présentaient, mais qui furent ensuite nommées premières dames de l'Impératrice-, parce qu'elles étaient véritablement chargées de tout le service intérieur, avaient sous leurs ordres six femmes de chambre; mais celles-ci n'entraient chez l'Impératrice que lorsque la sonnette les y appelait, au lieu que les premières dames, dont quatre étaient de service tous les jours, passaient auprès d'elle, la journée tout entière.

Elles entraient chez l'Impératrice avant qu'elle fût levée, et ne la quittaient plus qu'elle ne fut couchée. Alors toutes les issues donnant dans sa chambre étaient fermées, une seule exceptée, qui conduisait dans une autre pièce, où couchait celle de ces dames qui avait le principal service, et l'Empereur même ne pouvait entrer,. Aucun homme, à l'exception des officiers de santé, de MM. Les dames mêmes, excepté la dame d'honneur et la dame d'atour, n'y étaient reçues qu'après avoir obtenu un rendez-vous de Marie-Louise.

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Les dames de l'intérieur étaient chargées de faire exécuter ces règlements; elles étaient responsables de leur exécution. Une d'elles assistait aux leçons de musique, de dessin, de broderie, que prenait l'Impératrice. Elles écrivaient sous sa dictée ou par son ordre, et remplissaient les fonctions de lectrices et de dames d'intérieur.

Cette vie était pénible sans doute; mais elles avaient pris à Écouen l'habitude de la retraite; les bontés que leur témoignait leur souveraine en adoucissaient les désagréments, et elles la servaient encore plus par affection que par devoir. Leur présence continuelle dans l'intérieur des appartements où l'Empereur venait sou- vent, parce que l'Impératrice y passait une partie de ses journées, excita la jalousie et l'envie de plusieurs dames du palais.

Ne pouvant attaquer leur conduite, qui était parfaitement régulière, elles cherchèrent à les humilier. Ce fut à leur sollicitation que Napoléon changea le titre de dames d'annonces en celui de premières femmes de chambre, titre qui n'avait aucun rapport avec les fonctions que ces dames remplissaient. Le titre donné aux dames d'Écouen était un titre sans fonctions, puisqu'elles ne se mèlaient pas de la toilette.

Un jour que l'Empereur déjeunait avec l'Impératrice, il dit à madame D. Sire, des capitaines de votre garde n'épouseront pas des femmes de chambre. Elles seront présentées après leur mariage; d'ailleurs, madame la baronne de Misery n'était-elle pas femme de chambre de Marie-Antoinette?

Depuis lors, Sire, une révolution s'est faite dans les idées; ce qui, alors, était honoré, ne l'est plus aujourd'hui.

Lorsque Votre Majesté demanda des dames d'Écouen pour faire partie de la maison de l'Impératrice, nous dûmes croire que, quittant une position honorable et respectée, nous ne devions pas déchoir. Mais, Sire, veuve d'un général1, ayant un fils, dois-je le faire rougir de la position de sa mère? Si Votre Majesté persiste dans l'intention de nous donner ce titre, malgré ma profonde douleur de quitter l'Impératrice, je la supplierai.

L'Empereur se mit à rire de ma vivacité et parla d'autres choses. Lorsqu'il fut parti, MarieLouise, qui avait toujours été parfaitement bonne pour moi, me demanda comment j'avais osé tenir tète à l'Empereur, et me dit qu'elle avait craint qu'il ne me renvoyât à Écouen.

Madame, l'Empereur est juste et a dû comprendre ma susceptibilité. Le général Durand commandait le fort Vauban en , il fut bombardé et obligé de se rendre aux Autrichiens après la défènse la plus honorable; il fut emmené en Hongrie.

Échangé après la mort de Robespierre, iLse retira dans sa famille et n'a' plus voulu servir depuis. Le général est mort en Quelques jours après,'nous fûmes toutes six nommées- lectrices. Dans tous les voyages de la cour, toujours une des premières dames couchait dans une chambre à côté de celle de l'Impéràtrice, et par laquelle il fallait nécessairement passer pour y arriver.

Je vais citer deux exemples de la rigidité que l'Empereur mettait à l'exécution de ses ordres. L'orfèvre Biennais avait fait faire pour l'Impératrice un serre-papier renfermant plusieurs secrets qu'elle seule devait connaître; il fallait qu'il pût les lui montrer. Marie-Louise en parla à son époux qui lui permit de recevoir Biennais; ce,dernier fut mandé à Saint-Cloud. Arrivé, on l'introduisit dans le salon de musique il était à un bout avec Sa Majesté, et une première dame, madame D.

Au moment où elle fut terminée, l'Empereur arriva, et,. L'Empereur nia formellement ce dernier article, prétendit que la dame de service avait tort, lui adressa une sévère réprimande, que l'Impératrice eut toutes les peines du monde à faire cesser, quoi qu'elle lui dit Mais, mon ami, c'est moi qui ai or- donné de faire venir Biennais. Voici le second exemple. Marie-Louise avait pour maître de musique un homme qui avait été attaché à sa mère au même titre M.

Un jour, qu'il était à donner sa leçon, la dame de service, la même madame D. Le maître de musique -sortit; il lui demanda alors où elle était à son arrivée. Elle lui observa qu'elle n'avait pas quitté l'appartement; il ne voulut pas le croire et lui fit un long sermon dans lequel il lui dit.

Il ajouta avec vivacité Madame, j'honore et je respecte l'Impératrice mais la souveraine d'un grand empire doit être placée hors de l'atteinte d'un soupçon. On peut juger, d'après ces deux exemples, quelle confiance on doit accorder à l'anecdote qu'on a fait courir sur Leroy, marchand de modes; on prétendait qu'il avait été exclu du palais pour avoir dit à l'Impératrice, en lui essayant une robe, qu'elle avait de belles épaules.

Je connais assez M. Leroy pour être sûr que, s'il avait été admis dans l'intérieur, il n'eût pas tenu le propos qu'on lui prête; il a trop de tact et l'usage de la cour pour dire une chose aussi inconvenante; mais il n'en a pas eu l'occasion.

Quoiqu'il fît faire chez lui les robes de Marie-Louise sur un modèle qu'on lui avait remis, jamais ni lui ni personne de sa maison ne les ont essayées à l'Impératrice; c'étaient les femmes de chambre qui lui indiquaient les changements qu'il y avait à faire; 3.

Aucun fournisseur ne voyait et ne parlait à l'Impératrice dans son intérieur. Madame de Luçay. Le général Lannes. Mot de Joséphine. Le duc etla duchesse de Montebello.

Le prél'et Mèredequi. Madame de Montebello, dame d'honneur, et madame de Luçay, dame d'atour, allaient tous lès matins passer une heure ou deux avec l'Impératrice.

On serait tenté de croire qu'il y a une fatalité attachée à ces deux places. Jamais, dans aucun temps, les dames qui les ont. Les mémoires de mesdames de Motteville et Campan prouvent la vérité de cette observation; en voici un nouvel exemple.

Madame de Montebello et madame de Luçay ne se sont jamais aimées depuis qu'elles fu- v rent attachées à l'Impératrice. La première avait rendu, à ce qu'il paraît, de très mauvais services à cette dernière. Il en résulta un éloignement d'autant plus remarquable qu'il venait de madame de Montebello et d'autant plus étonnant que madame de Luçay est douce, bien élevée, d'une conduite parfaite, incapable de nuire, même à son ennemi si elle pouvait en avoir un , n'ayant de force et de courage que pour défendre les absentsetnullement pour se défendre elle-même; possédant la tenue et tout l'usage nécessaire pour vivre à la cour, où elle était depuis bien des années.

Son mari avait été un des premiers qui s'étaient attachés à la fortune de Napoléon il était alors propriétaire du ehâteau de Valençay; il fut nommé préfet de l'Indre, devint ensuite préfet du palais; madame de Luçay fut alors nommée dame du palais de Joséphine.

L'Empereur, n'ayant eu qu'à se louer d'elle, l'attacha à sa jeune épouse comme dame d'alour. Madame de Montebello était sorlie. Sa mère, femme estimable, avait présidé à son éducation; mais, n'ayant pas vécu dans la haute société, elle ne put donner à sa fille ni les idées ni les sentiments dont elle aurait eu besoin pour remplir dignement la place importante à laquelle elle fut appelée. Elle parut à la cour, comme épouse du général Lannes; elle avait une figure de vierge et un grand air de douceur elle plut généralement, quoiqu'elle eût dans le caractère beaucoup de froideur et de sécheresse.

On la vit très peu à' la. Né dans la classe des plébéiens, ce. Lorsqu'il créa une nouvelle noblesse, il accorda au général Lannes le titre de duc.

Celui-ci n'en fut pas content, et il disait hautement qu'il avait mérité celui de prince, mieux que tous ceux qui l'avaient obtenu. Sa franchise était extrême, et il fut presque le seul homme qui ne déguisa jamais sa pensée devant l'Empereur. Il avait même eu des querelles assez vives à ce sujet avecl'Impératrice Joséphine qui les protégeait. Il ne cherchait pas à cacher cette aversion les émigrés, qui en étaient instruits, lui rendaient bien ce même sentiment.

Un jour qu'il s'en trouvait un assez grand nombre dans un salon des Tuileries, que Lannes avait traversé pour se rendre chez l'Empereur, ils affectaient de se placer devant lui, de manière à lui intercepter le passage.

A l'instant, le général tire son sabre, en jurant qu'il couperait les oreilles à quiconque l'empêcherait de passer. Dès lors il ne trouva plus d'obstacles chacun s'empressa de s'écarter, car on n'ignorait pas qu'il était homme à tenir parole.

Un autre jour qu'il avait inutilement fait de nouvelles instances à Napoléon pour l'engager à n'admettre près de lui aucun émigré, il finit par s'emporter, et, le tutoyant comme il faisait quelques années auparavant -Tu n'en veux faire qu'à ta tête, lui dit-il; mais tu t'en repentiras. Ce sont des traîtres tu les combleras de bienfaits, et ils t'assassineront s'ils en trouvent l'occasion.

Cette sortie lui valut un exil momentané. Mais celui pour lequel il affichait toujours le plus de mépris était Murât. Né dans la classe ordinaire du peuple, Murât, comme Masaniello, fut destiné à jouir de l'autorité suprême à Naples, et, comme lui, à finir ses jours d'une manière non moins tragique, avec cette différence cependant que, jusqu'au dernier moment, il conserva cette force d'âme et cette énergie qui l'avaient si bien caractérisé toute sa vie.

Il était connu dans l'armée par une bravoure à toute épreuve, bien que ses compagnons d'armes ne lui accordassent pas les qualités principales qui constituent un grand général. Mural aimait le faste et la dépense, et plus d'une fois il eut recours à la générosité de son beau-frère qui lui payait les dettes qu'il avait contractées, non sans le réprimander vertement sur ses prodigalités et le luxe qu'il affichait même étant en campagne.

Lorsqu'il fut nommé prince, il se rendit dans le département du Lot, où il était né et où était encore toute sa famille. Il en réunit tous les membres, riches ou pauvres, dans un dîner qu'il leur donna. Tous, jusqu'aux plus petits arrièrecousins, trouvèrent dans ses bienfaits une existence douce. Revenons au maréchal Lannes. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait pu inspirer les mêmes sentiments à sa femme, et elle en donna, dans la suite, plus d'une preuve.

Sa société intime ne se composait que de sa famille, et elfe ne recevait d'autre étranger que le docteur Corvisart, premier médecin de l'Empereur. Guéhéneuc, son père, élait lie avec ce médecin par des rapports de goûts et d'habitudes, et cette compagnie n'était pas celle qu'on eût pu désirer pour une jeune "femme destinée à vivre auprès du trône.

Madame la duchesse avait trente ans à l'époque dont je parle; parée, elle avait une des belles têtes de la cour, une figure douce, calme; un air froid, qu'elle rendait gracieux lorsqu'elle le voulait bien, en faisait encore une très jolie femme. N'aimant que ses enfants et sa famille, elle avait toujours joui de la meilleure réputation c'est ce qui lui valut la place de dame d'honneur. L'empereur disait qu'il la lui avait donnée parce qu'elle était véritablement dame d'honneur.

Redoutant de demander, de solliciter, et cependant obligée, par sa place, de le faire pour beaucoup de personnes, dont le nombre croissait avec sa faveur, elle en oublia ou en négligea plusieurs qui devinrent ses ennemis.

Elle ne savait jamais adoucir un refus; les siens étaient courts et secs. Obtenait-elle une faveur ou était-elle chargée d'annoncer une grâce obtenue? Cette conduite éloigna d'elle une foule de personnes qu'un mot gracieux lui eût attachées.

On lui reprochait d'être haute, exigeante avec ses égaux, fière et dédaigneuse avec ses inférieurs. Elle croyait au-dessous d'elle de cacher sa façon de penser sur le compte de ceux dont on parlait; elle l'exprimait hautement et sans ménagement. Cette franchise, si nouvelle à la cour, lui valut la confiance de l'Impératrice, mais elle lui fit des ennemis qui se vengèrent en faisant courir contre elle une calomnie dont elle ne mérita jamais d'être l'objet on disait d'elle qu'elle était grosse de Napoléon.

Jamais madame Lannes n'a' aimé l'Empereur; je crois même qu'elle avait un éïoignemeiit très prononcé pour lui. On assure que le motif de cet éloignement tenait à son ambition; elle avait été profondément blessée que son- mari n'eût point été nommé prince; elle regarda cela comme une injustice; peutêtre avait-elle raison.